8 ?!

Aujourd’hui mercredi 29 juillet : je n’ai toujours pas eu mes règles, je n’ai eu aucun saignement.

Aujourd’hui mercredi 29 juillet, nous sommes 18 jours après insémination.

Aujourd’hui mercredi 29 juillet, mon taux d’hcg est de 8ui.

8?! Ça ne veut rien dire 8.

A 175 ui lors de l’iac 3 le taux était déjà considéré comme faible et la prise de sang avait eu lieu 17 jours après l’insémination.

Là, le Dr P. m’indique par mail : « Il est positif très faible. Il faut poursuivre le traitement et contrôler le taux dans 48 heures »

Là, Loulou me répond : « Mais bordel, il va s’arrêter quand le destin de tourner autour du pot… »

Là, moi, je ne sais même plus quoi dire. J’ai épuisé mon stock de mots. Je n’ai que ce chiffre en tête, en boucle : 8. Ca ne veut rien dire 8…

Et encore 48 heures. De torture mentale. Alors que je suis à peu près persuadée que le Dr P pourrait clarifier la situation maintenant : 8, ce n’est pas probant. Ce chiffre ne devrait même pas exister. Quand j’ai appelé le labo, je n’avais que deux choses en tête, un résultat positif et un taux supérieur à 175. Et non, 8. Je suis tombée des nues. J’espérais encore que nous aurions de la chance. Qu’enfin, nous aurions de la chance.

Faut croire que non. 8. Sérieusement ?!

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FIV1 > IAC6

L’IAC 4 n’a donc pas marché – je vous laissais sur la prise de sang double peine. J’avais besoin de quitter un peu la blogo avec le sentiment qu’écrire mon histoire ne faisait que me cantonner d’avantage à la pma. M’enfermait encore d’avantage dans cette obsession, cette envie de devenir Maman. Et maintenant me revoilà.

Que s’est-il passé depuis 4 mois ?

L’IAC 5 du mois de mai a également été un échec. Celui-là était bien particulier puisqu’il signait de fait notre entrée dans un protocole de FIV. C’était le deal. J’étais, je crois, vraiment en cata. Avec l’idée qu’un protocole de FIV est plus compliqué, et puis il y a cette ponction sous AG qui me fait vraiment flipper. C’est du lourd quoi. C’est tout de suite plus « sérieux », ça rendait notre difficulté à concevoir encore plus réelle. Nous pensions du coup, nous lancer là dedans à la rentrée. Se laisser l’été pour souffler et profiter. J’avais en tête que les FIV n’étaient pas possibles en plein été. Que nenni. Nous avons donc vu le Dr P. à la suite de la tentative n°5 qui nous a proposé de démarrer dès le prochain cycle, fin juin début juillet.

Niveau contraintes, boulot, l’été pour moi est une période bien compliquée avec une réelle hausse d’activité. En septembre, mon poste évolue. Je deviens  » chef « . Quel moment serait le plus opportun? Nous avons jugé que l’évolution de mon poste serait certainement stressant. Nous avons opté pour l’été. Banco, on enchaine. Nous quittons le Dr P avec une nouvelle feuille de route et une looooongue ordonnance, pleine de nouveaux produits : bemfola (générique de GonalF), cétrotide, decapeptyl… et prenons rdv pour assister à la réunion d’info.

La réunion a lieu un soir tard au QG de l’usine. Nous sommes une bonne trentaine. Le Dr B anime. Il en fait des caisses, il est insupportable, son discours anxiogène. Nous voilà donc sur-informés. Prêts. Le traitement débute, je prends rdv avec l’anesthésiste. Les choses démarrent tranquillement. Je me pique seule. Le Bemfola est une révolution : prêt à l’emploi, au top du conditionnement – moi qui était habituée aux mélanges du Menopur. Un petit stylo. Facile. Sauf que le troisième ou le quatrième jour, je me pique mal. Je saigne, le produit forme une boule sous ma peau, j’ai hyper mal et je fonds en larmes en mode crise d’angoisse devant un Loulou désemparé. Il me faudra un moment pour me reprendre et encore plus au bleu pour disparaitre de ma jambe. Loulou prendra les choses en main dès le lendemain et redeviendra mon infirmier particulier. Jusqu’au moment où il s’agit d’enchainer les deux piqûres -stim + bloquant. Et le cétrotide c’est une autre affaire. Retour aux mélanges et piqûres à faire dans le bidou… Le produit fait mal et la réaction cutanée est assez impressionnante. Basta, on a décidé à ce moment là d’arrêter de faire les warrior. J’ai rappelé les infirmières. C’est un métier après tout. Ça ne rendait pas les piqures moins douloureuses mais nous avions au moins la certitude de faire bien.

En parallèle du traitement: les suivis hormonaux et échographiques. Qui tombent bien, sur mes jours off. Jusqu’au moment où je vois le Dr B qui me balance : « vos ovaires étaient pas des stars, ça on le savait déjà mais là….  » Je suis choquée. Mais quel espèce de gros connard ! Comment ose-t-il me parler comme ça ?! Et ça veut dire quoi du coup ? Cela fait 9 jours à ce moment là que je me pique et il m’annoncerait de cette manière là que j’ai fait tout ça à blanc ?! Il ne prend aucune décision, me laisse dans le doute mais m’invite à poursuivre le traitement encore quelques jours. Je rentre à la maison en larmes. Me sens nulle, rabaissée, impuissante. Je mets un mail au Dr P pour lui indiquer succinctement le manque d’optimisme du Dr B. Elle nous répond rapidement de ne surtout pas perdre espoir et de passer la voir le lendemain. Ce que nous faisons. Et effectivement, ma réponse au traitement n’est pas suffisante. Seuls deux follicules se distinguent vraiment, les autres n’ont pas assez grandi. C’est fini, nous n’irons pas à la ponction. Je suis fixée à un seul objectif : ne pas avoir fait ça pour rien. Cette tentative de FIV se transforme donc en tentative n°6 d’insémination. C’est au moins ça. Mais cette fois, c’est belle et bien la dernière. C’est un lot de consolation qui nous donne tout de même une chance de réussite. Deux beaux follicules, un bel endomètre. Mais quelle déception. Et puis, ça me fout la trouille aussi. Parce que ça craint. Ça craint vraiment de ne pas avoir répondu de manière plus importante avec la dose d’hormones que je me suis prises dans le corps. Au final la réponse n’a pas été bien différente de celle des précédentes inséminations. Mais les effets secondaires ont été particulièrement difficiles à gérer : Pile électrique parfois en complète dépression, le tout en à peine quinze minutes. Fatigant ! Je sors de ces péripéties complétement vidée. Trop d’émotions. Le Dr P me propose un arrêt jusqu’à la prise de sang. J’accepte. J’ai besoin de me poser. De me re-centrer un peu.

L’insémination a eu lieu samedi 11 juillet avec un taux de mobilité à 75%. Depuis, je me repose, je bouquine, je prends le temps. Et je vais chez la psychologue pour éviter de déborder. Je suis mon traitement de progestan, 11ème jour ce matin. Depuis hier, j’ai un spot sur le côté droit du menton, mes seins sont aujourd’hui moins douloureux, moins tendus – effets secondaires de la progestérone. Et après six inséminations, je commence à me connaitre. Ça n’augure rien de bon. Prise de sang dans une semaine.

tic, tac, tic, tac…

En attendant …

En attendant 17h et le coup de fil du labo (prise de sang double-peine faite en début d’aprem), je me lance et réponds au défi de la blogo.

Le top des trucs que je n’aurais pas imaginé faire (ou penser) avant la PMA:

– Évoquer mon parcours hyper-ultra-méga perso sur la blogo

– Parler endomètre, taille des follicules, mobilité, aspect du col…  avec Loulou.

– Me piquer moi même alors que j’étais plutôt du genre à tourner de l’œil à la vue d’une aiguille  / Ne pas tourner de l’œil. Jamais. A aucun moment. Même pour les prises de sang régulières.

– Me présenter à l’écho pas épilée… maintenant m’en fous. Je considère avoir atteint un certain degré d’intimité avec les médecins.

– Être capable de patienter plus d’une heure en salle d’attente sans faire de scandale. Pour le moment.

– Parler à mon corps : oui oui, pour encourager la pousse des follicules, pour encourager les champions à aller droit au but ou encore pour inviter l’ovule à s’accrocher « tu verras ça va être bien, allez ! »

– Manger sain : suis pas une fille à salade. Suis plutôt hamburger, frites, junk food, tout ca. Suis plutôt pour le partage d’une bonne binouz au retour du boulot. Là que-nini. J’ai réduit mes apports en gluten, je ne bois plus d’alcool, je ne fume plus.

– Refuser un apéro avec mes collègues / une sortie avec des amis pour ne pas avoir l’air suspect en commandant un jus de fruit.

– Ne plus supporter les plaintes des femmes enceintes au boulot : « non mais ça va, elle est enceinte, elle est pas atteinte d’une maladie incurable, merde ! »

– M’éloigner de mes amies de la vraie vie, toutes mères de famille aujourd’hui, et avec qui du coup… je suis en complet décalage…

Et là aussi, la liste n’est pas exhaustive…

Et pour Mamz’elle Bulle : Les trois endroits où je n’aurais jamais imaginé me piquer:

– Dans mon bureau, pantalon sur les genoux (oui, je me piquais dans la cuisse) à flipper qu’un collègue ne déboule.

– Dans les toilettes d’un musée – top de l’hygiene.

– Au mariage de la petite sœur de Loulou, entre le vin d’honneur et le diner. Gé-nial. Cheeers!!

Merci pour ces petits défis !!

« Patatra »

« Patatra » : le bruit d’un truc bien lourd qui me tombe sur la tête.

Et l’option C je n’y avais pas pensé : spotting tout léger hier soir, plus important ce matin. Soit dimanche soir alors que mes pronostics débutaient mardi. Bref, ça sent pas bon…

Me voilà donc à 23h dans mon lit, comme une débutante, à pianoter « spotting dpo 12/13 » dans Google. Je cherche quelque chose qui pourrait aller dans mon sens. Évidemment je trouve de tout. Mais au fond je sais. Le Dr B. m’avait déjà prévenue : le spotting c’est l’echec.

Je cherche du positif : non le progestan n’entraine pas de retard de règles. Si elles doivent arriver, elles arrivent. C’est un échec, un vrai et pas une victoire en demi-teinte (rapport à la précédente IAC positive soldée par un curetage).

Je ne vais pas faire la warrior. Ça reste un échec. Encore. Et je ne comprends pas. Je vais donc appeler l’usine pour leur faire part de la situation. Je n’ai pas encore décidé de la manière dont j’allais réagir. Est-ce que, comme je l’avais imaginé, j’enchaine sur la 5eme? Dans la foulée? Et pourquoi elle marcherait celle la?! Quel acharnement !

Ou alors je vais claquer tout mon salaire en fringues pour me remonter le moral ? Rien à voir. Ok….

Je vous laisse avec Brigitte, tellement juste.

Tic… Tac… Tic… Tac…

DDR 27 février. Déclenchement le 15 mars. IAC4 le 17 mars.

Et… Nous sommes le 29 mars: J31 du cycle ou J+12 post insé.

Et j’attends…. Mardi. Mardi pour 14 jours post insé. Parce qu’en cas d’échec, j’ai jusqu’a présent toujours eu mes règles 14 jours après l’insé. Mais mais mais…. C’était sous duphaston. La, je suis sous progestan. Et je dois poursuivre le traitement 18 jours. Soit jusqu’au samedi 4 avril, date à laquelle je dois faire ma prise de sang. Sur le papier.

Plusieurs options:

A. J’ai effectivement mes règles mardi auquel cas j’irai faire ma prise de sang dans la foulée et arrêterai le progestan. Je prendrai rdv à l’usine pour lancer le traitement de l’iac5, en mode machine. Option A valable toute la semaine.

B. Je n’ai mes règles ni mardi, ni mercredi, ni jeudi, ni vendredi.  Je vais faire ma prise de sang samedi matin.

> Si elle est négative, j’arrête le progestan et attends l’arrivée de mes règles pour lancer le nouveau traitement.  J’ai entendu, et surtout lu, à droite à gauche que le progestan pouvait entraîner un retard de règles…. Et comme la seule fois ou j’ai pris ce traitement a été la bonne, je ne sais donc pas quels effets cela aura sur mon cycle.

> Si elle est positive, ce serait de l’ordre du Super miracle : Je ne ressens RIEN. NADA. AUCUN SYMPTÔME. Pas même ceux qui annonceraient l’arrivée de mes règles. Un petit Bobby sur le menton, c’est tout.

Du coup c’est le flou le plus total. Les heures, les jours me paraissent interminables…

Et si c’etait le gluten ?!

Drôle de question. Je ne me la suis pas posée toute seule, hein. C’est ma sœur qui m’en a parlé. Parce qu’elle pense faire une intolérance au gluten et aux protéines de lait. Dernièrement, elle me disait qu’il y avait un lien entre le gluten et la ménopause précoce. Bon… C’était une info mais je n’y avais pas vraiment prêté attention. C’est dans l’air du temps, tout le monde parle de gluten, je ne me sentais pas concernée.

Va savoir pourquoi, ce matin, en me levant, j’ai cherché sur internet les symptômes de l’intolérance au gluten. Et je dois dire que c’est assez troublant. A chaque écho j’ai eu droit à des petits commentaires sur mes intestins qui faisaient anormalement la nouba, j’ai de fait des problèmes digestifs. Autre point, Hashimoto est une affection apparentée à la maladie de cœliaque. Enfin la maladie de cœliaque peut être à l’origine de problème de fertilité, de ménopause précoce et être en cause lors de fausses couches. Bon…. Loin de moi l’idee de m’inventer une nouvelle maladie mais voilà une nouvelle piste.

J’ai donc évoqué cette possibilité avec le Dr C – la taulière – ce matin, ne sachant pas trop si elle me prendrait au sérieux ou si elle allait se moquer de moi… Et, elle m’a prise au sérieux. Sans nécessairement me parler d’allergie, elle m’a parlée d’intolérance et m’a donc encouragée à suivre un régime pauvre en gluten pour les 15 prochains jours. J’ai également une prescription pour une prise de sang pour chercher la présence ou non d’anticorps antitransglutaminase. Prise de sang que je ferai dans 18 jours.

En attendant je vais donc supprimer le pain, les petits gâteaux, les pâtes … Et voir ce que ça donne. Au pire ça ne peut pas me faire de mal. Ce sera un peu pénible mais si ça ne tient qu’a ça….

Jour J

Le 12, on m’annonçait un superbe follicule de 17mm à gauche. Tellement superbe qu’il laissait présager une insémination imminente. On me demandait néanmoins de revenir le 13 pour une nouvelle écho et une nouvelle pds. Bizarrement, le 13, mon superbe follicule de 17 mm n’en faisait plus que 15…  et je quittais l’usine avec une nouvelle prescription pour deux jours de stim supplémentaires. Déçue.

D’abord, je ne savais pas qu’un follicule pouvait diminuer. A quoi bon se faire doper si les performances doivent être moins bonnes ?! Ensuite, j’espérais que l’insé aie lieu en plein week end : rapport à nos emplois du temps d’une part et à la présence du Dr P., de garde à l’usine. Non, non et non. Je devrais avoir intégré le fait qu’il est impossible de s’organiser ou de planifier quoi que ce soit mais non, plus fort que moi. Le 13 au soir, pétage de plombs, je ressemble à une junkie, à la place de mes veines sont apparues deux bleus de l’espace et tout ça se finit à grand coup de poings dans les coussins de mon canapé.

Le dimanche 15, de retour à l’usine. Cette fois le follicule de gauche est à  20mm. Ceux de droite à 14 et 11. On m’explique que, non, le follicule n’avait pas diminué d’un jour à l’autre mais que c’était surement lié à une erreur de mesure. Bon.. cette fois à 20mm, nous avons notre sésame. Je dis ‘nous’ parce que Loulou était avec moi ce dimanche matin. Ovitrelle dimanche soir pour une insé prévue mardi. Loulou a posé sa 1/2 journée et au final il s’en sortira avec un jour d’arrêt. Pour une fois je ne me sens pas concernée, j’avais prévu le coup et suis donc off depuis samedi avec un retour au boulot mercredi. Ça passe donc in extremis pour moi.

J’ai rempli mon contrat: 15 jours de stim, déclenchement et moult prises de sang. J’ai eu droit à un jour de tranquillité hier, sans piqure, sans rendez vous. Loulou a rempli son contrat ce matin. Ses champions n’ont jamais été si fringants. C’est une belle nouvelle.

Jour J aujourd’hui donc et retour des culottes en coton avec le traitement progestatif qui débutera demain. Je me dis que la suite ne m’appartient pas vraiment. C’est le Dr C, la taulière de l’usine qui était la ce matin. C’était elle la dernière fois et malgré tout, elle avait eu la main chanceuse. Elle m’indiquait tout à l’heure qu’elle espérait que cette fois, nous irions jusqu’au bout. Moi aussi.